De l'ovocyte à l'embryon
Embryologie : de la fécondation à l'implantation


1- L’embryon : du Zygote au Blastocyste

J1 (Le lendemain de la fécondation) : Le stade Zygote

L’observation du zygote est réalisée au laboratoire 16 à 18 heures après la mise en fécondation, avec la présence du 2ème globule polaire dans l'espace périvitellin, celui-ci attestant de l'achèvement de la deuxième division méiotique.

L'apparition des deux pronuclei témoigne du bon déroulement de la fécondation. La répartition des nucléoles à l’intérieur des pronuclei mâles et femelles est également notée (les nucléoles polarisés et de tailles homogènes sont de bon pronostic).

A 25-27 h de la fécondation :

 

on recherche la présence d’un premier clivage embryonnaire précoce (passage à 2 cellules) qui est un critère favorable.

 

J2-J3 (48-72 h après la fécondation) : embryons à 4 et 8 cellules

L'œuf fécondé se segmente par mitoses successives (clivage) en cellules plus petites (blastomères) sans modification de la masse totale de l'œuf. De 4 cellules au deuxième jour , l'embryon passe à 8 cellules au troisième. Jusqu'au stade 8 cellules, les blastomères sont normalement identiques, capables d'exprimer l'ensemble de leur potentialité (cellules totipotentes).

La classification embryonnaire utilisée par le laboratoire définit l’embryon en 3 chiffres :

- Le 1er chiffre correspond au nombre de blastomères

- Le 2ème chiffre correspond à la taille, à la régularité et à l’aspect des blastomères
(1 = typique ; 2 = atypique)

- Le 3ème chiffre correspond au taux de fragmentation
(1=absence de fragments; 2= ≤ 20% de fragments ; 3= 21 à 50% ; 4 = > 50%)

Un embryon de qualité morphologique optimale sera donc à J2, 4.1.1 et à J3, 8.1.1.



J4 : Le stade Morula

Au début du quatrième jour, l'embryon est au stade morula (8 à 16 cellules). La compaction permet l'acquisition de la polarité des blastomères et la différenciation de deux types de cellules embryonnaires :

-les cellules apolaires constitueront au centre de la morula, le bouton embryonnaire.
-les cellules polaires formeront autour du bouton embryonnaire, la couronne de trophoblaste.

L'embryon est alors très fragile avec un sac de mauvaise qualité (d'où un risque important de sac évanescent en cas de transfert à ce stade).

J5-J6 : Le stade Blastocyste


Au 5ème jour, les cellules du bouton embryonnaire sont regroupées à un pôle de la morula. Elles sont séparées du reste de la couronne trophoblastique par la cavité du blastocèle. Dès lors, la morula prend le nom de blastula ou blastocyste.


Le blastocyste est ainsi composé d'environ 200 cellules :

  • Les cellules de la partie centrale (bouton embryonnaire) formeront les feuillets primitifs.
  • les cellules les plus périphériques sont le trophectoderme (futur placenta), elles assureront l'implantation.

L'appréciation de la qualité du blastocyste est complexe.
2 paramètres principaux :

  • caractère compact de la masse cellulaire interne
  • régularité du trophectoderme.

Au 6ème jour, l’expansion du blastocyste est complète :

Le trophoblaste sécrète un liquide (par activation d'une ATPase) qui s'accumule dans sa cavité, d'où rupture imminente de la pellucide, c'est l'éclosion : l'embryon se glisse alors hors de la zone pellucide.

 

2- L’implantation embryonnaire

La fixation du blastocyste résulte de contacts cellulaires entre son trophoblaste et l'endomètre. Son implantation aura lieu à partir du 6ème jour de son développement . A ce stade, les microvillosités trophoblastiques disparaissent et un tissu syncitial (sans limites cellulaires) se différencie. Dès lors, il y a interpénétration des membranes, et ancrage définitif du blastocyste.

L'implantation dépend donc à la fois de l'activation du blastocyste, mais aussi de la réceptivité utérine. Sous l'action des stéroïdes ovariens dont elle dépend entièrement, la muqueuse utérine prolifère et se différencie suivant un processus immuable.

Si la période pendant laquelle l’utérus est réceptif, appelée fenêtre d'implantation est dépassée, le transfert embryonnaire sera inefficace. Cependant, l'œuf s'avère capable de s'ajuster à un léger décalage temporel, soit en en bloquant son évolution, soit au contraire en l'accélérant.

 
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